La plupart des réflexions relatives au capital humain analysent le rôle clé joué par les connaissances, compétences et expertises : pour développer le capital humain des individus, il faut investir dans les connaissances et compétences. Si nous souscrivons à cette vision, il convient toutefois de mettre l’accent sur le rôle crucial que joue la santé en matière de capital humain. A quoi bon miser sur la connaissance si l’état sanitaire de la population n’est pas satisfaisant ? Des individus en mauvaise santé sont moins productifs et créatifs. Si dans les pays en développement la situation sanitaire est parfois dramatique au point de fragiliser la ressource essentielle de la croissance, c’est-à-dire le capital humain ; l’essor de la malbouffe et de la sédentarité sont des vecteurs de nouvelles pathologies dans les pays les plus riches : obésité, maladies cardiovasculaires, diabète gras, etc. Ces « épidémies » de la modernité fragilisent le socle fondamental sur lequel repose le capital humain : la santé, au risque de réduire le potentiel de croissance. Un accès aux soins de qualité ainsi qu’une médecine performante et efficace ne peuvent à eux seuls suffire : c’est bel et bien une hygiène de vie plus saine qu’il faut appeler de nos vœux. Hygiène de vie qu’il faut dès lors considérer comme un investissement en capital santé et donc en capital humain.